La destinée du rock (et en parallèle du hip-hop, etc.)

J’adore cette image, l’instrument entre le feu et l’eau (souffrance/délivrance?) – Source: Comfreak (https://pixabay.com/fr/users/Comfreak-51581/)

En écoutant le premier album d’Audioslave dans la voiture il y a quelques temps, j’étais troublé par deux choses. La première, bien sûr, le fait d’écouter la voix mélodieuse d’un homme qui venait de mourir prématurément ; la deuxième, combien il y avait de références au suicide, ni avec légèreté, ni avec approbation.

Si on m’avait demandé quel chanteur j’imaginais pourrait s’ôter la vie (ce qui n’est pas un sujet de discussion commun pour moi), jamais je n’aurais pensé à Chris Cornell. Il me marquait comme un professionnel, une personne avec une rare maîtrise de son art, même si je ne connaissais rien de sa vie personnelle. De plus, certaines de ses chansons (je pense en particulier à Light My Way) semblent faire référence à la recherche d’une relation avec Dieu, même si elles ne sont pas toujours très révérencieuses.

Le triste sort de plusieurs des stars du rock, de Kurt à Chris, et encore plus récemment, à Chester Bennington de Linkin Park, m’amène à une réflexion sur la destinée du rock. On voit en parallèle à ces tristes suicides (parfois involontaires, dus à la mauvaise consommation de substances médicales), la transformation radicale d’autres musiciens métalleux, de la rage du rock à la croix du Christ.

Les conversions de Head et Fieldy de Korn, Jacoby Shaddix de Papa Roach, Nicko McBrain d’Iron Maiden et les deux Davids de Megadeth sont un témoignage au fait que le message de Jésus est pour toutes les personnes brisées, même ceux qui revendiquent une haine pour Dieu et la vie ou un amour des ténèbres. Le succès de P.O.D., Thrice, Skillet et Flyleaf, dont la musique est entraînante et les paroles sont profondément inspirées par une vision du monde chrétienne montre que cette vision résonne dans les coeurs de millions de fans, dont beaucoup ne sont pas chrétiens.

Le rock se fonde dans une mentalité de rébellion, d’opposition à un système trop contraignant et en cela, il reflète quelque part la rébellion humaine contre Dieu, contre les figures d’autorité et paternelles (tout en révélant le besoin pour un vrai père). Dans cette dimension, il y a également une posture anti-système, contre l’injustice et l’hypocrisie qui peuvent souvent marquer la société et la religion. C’est là qu’ils pointent quelque chose de réellement problématique du doigt. Cependant, quand on devient une star du rock dans un grand label, on intègre quelque part ce système injuste, qui creuse les inégalités (parce qu’on a un meilleur marketing on gagne 1000x plus qu’une personne plus talentueuse…), ce qui peut être vu comme hypocrite.

Un autre besoin pour le rockeur est celui de s’exprimer, de libérer ses émotions à travers le son et le cri, d’exprimer sa douleur existentielle, de se libérer des blessures du passé. Malheureusement, le succès et l’argent n’amènent pas des solutions à ces choses là. Souvent, ils ne font que les aggraver avec la mise sur le piédestal d’un public fanatique, les ressources pour fournir tous les plaisirs inhibiteurs éphémères, et un calendrier tellement chargé que la consommation de pilules pour le sommeil et pour la gorge cumulée aux substances licites et illicites devient de rigueur (lire le témoignage de Scott Stapp de Creed). Dans tous les cas, on finit facilement dans l’incohérence.

Mais dans tout cela, Dieu appelle ses brebis. Il leur faut parfois une situation extrême pour entendre sa voix, mais ça arrive. Le style de vie rock est extrême et donc l’appel de Dieu dans ces situations l’est aussi. Au bout des ténèbres, il y a soit le gouffre, soit la lumière. Ou alors, on devient des vieux rockeurs avec des maisons gigantesques, qui font de la téléréalité qui n’a rien avoir avec l’esprit du rock (cf. Ozzie Osbourne). L’âge et la responsabilité d’être parent peuvent arranger des choses (ce documentaire m’intrigue), mais elles peuvent également les exacerber.

Il y a une destinée dans toute expression artistique. Le rap/hip-hop est aussi un style qui a souvent des tendances anti-système et évoque le besoin de s’exprimer, de se libérer des contraintes. C’est également un business qui soutient le système et qui mène à la commercialisation qui tue l’expression.

Jésus regarde au coeur et non à l’extérieur. Il est venu détruire les mauvais systèmes du monde qui gardent les gens esclaves au diable, au péché et à la mort, sans pour autant renverser des gouvernements à travers des révolutions. Il ressent également la souffrance du monde, il vient pour guérir ceux au coeur brisé et libérer les prisonniers (Luc 4.16-19), il pleure et rage sur la condition du monde (Jean 11.35, 38). Cependant, il n’est pas là pour pleurer et rager sans cesse. Il veut nous pointer vers l’amour profond de Dieu, la relation dans laquelle il y a la vraie liberté, le cadre qui nous libère (ce qu’Adam et Ève n’ont pas compris), de la tristesse à la joie, de la douleur à la plénitude. Il répond aux problématiques sous-jacentes à celles qui sont ressenties dans beaucoup d’artistes et de chansons. C’est pourquoi le rock a pour destin de glorifier Dieu en se tournant vers lui (comme toute expression artistique honnête).

La souffrance et la Croix du Christ sont des images fortes qui peuvent parler fort aux thématiques de douleur, mort, bataille spirituelle qu’on trouve dans le rock – Source: TanteTati (https://pixabay.com/fr/users/TanteTati-77004/)

La musique est une invention de Dieu. Elle peut être utilisée à bon comme à mauvais escient, mais c’est toujours censé glorifier le créateur, sinon prendre une route vers le nihilisme vide de sens. Je prie que davantage de musiciens puissent s’en rendre compte et se tourner vers le seul qui répond à leurs questionnements profonds, qui peut guérir leurs plaies profondes. Je suis encouragé en voyant toutes ces histoires de conversion, mais dévasté par la mort qui continue à dévorer des vies… Que la bonne nouvelle soit annoncée haut et fort pour ces personnes ! Jésus a pris vos souffrances sur la Croix pour vous rendre libres à jamais !

P.S. : Je vous encourage à lire et écouter les témoignages de ces musiciens, voilà pourquoi ils sont en hyperlien. Ce sont des histoires encourageantes mais également des ressources pour ceux qui ont besoin d’entendre ce genre d’histoire. Je mets également ici le témoignage de Lacey Sturm (en anglais), anciennement chanteuse de Flyleaf, dont l’histoire est tellement touchante qu’elle me fait pleurer, et le témoignage de Sonny Sandoval de P.O.D., également très touchant.

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