Le miracle de Dunkerque, la survie et l’héroïsme

Ma femme et moi avons eu la grande chance de voir Dunkerque de Christopher Nolan au cinéma IMAX de Londres. Avant que le film commence, un monsieur très sympa a annoncé au public que le film serait projeté en pellicule (donc pas du digital), avec les réglages que M. Nolan lui-même est venu faire dans ce cinéma et où lui-même l’avait visionné avec sa femme. Cela en a valu la peine, car nous avons vécu une immersion complète, avec le format IMAX (plus haut que la taille normale) nous donnant un sens de grandeur et profondeur époustouflante, que ce soit dans les vues sur la Manche ou dans les plans sur un personnage.

Ce film évoque énormément de choses : la condition étrange d’être bloqué dans un périmètre entouré d’ennemis, l’incertitude quant à sa survie quand quelques kilomètres plus loin on serait chez soi ; l’esprit de solidarité et de courage de la part des civils qui veulent soutenir leur armée ; le sentiment d’impuissance quand on pourrait empêcher des pertes si seulement les conditions étaient légèrement différentes ; l’instinct de survie qui parfois pousse à la couardise ; l’intervention divine derrière le rideau de l’histoire humaine.

La réflexion qui m’a le plus touché pendant le film et en sortant du cinéma était liée au courage et à la lâcheté. Malgré le fait qu’on aimerait tous être héroïques, en guerre il y a toujours des couards. On ne peut pas toujours savoir comment on réagira le jour où l’on se trouve en situation dangereuse, qu’il s’agisse de dénoncer une injustice en risquant sa réputation, ou de faire face à des hommes mauvais au risque de subir des violences physiques… Enfant, je rêvais souvent de me retrouver dans des situations où je devrais me battre contre plusieurs méchants, inspiré par tous les mangas et films d’arts martiaux que je regardais. Malheureusement, la réalité est bien plus laide qu’on ne l’imagine et les méchants n’attaquent que rarement de front (et quand c’est le cas, ils sont généralement plus forts et plus violents que les gentils). Aujourd’hui je vois la crainte qui surgit en moi face à des situations risquées. Je suis lâche. Mais j’ai le potentiel d’être courageux.

Je pense que c’est là une réflexion importante. De la même manière qu’on ne peut être juste avant de se rendre compte qu’on est pécheur, qu’on ne peut espérer atteindre un tant soit peu d’humilité avant de nous rendre compte qu’on est profondément orgueilleux, il est nécessaire peut-être pour certains, peut-être tous, de nous rendre compte de notre peur, de notre lâcheté afin de pouvoir réagir contre celle-ci quand on se retrouve en situation dangereuse. On ne peut pas prédire quelle sera la situation. Mais on peut connaître notre coeur. Pour citer la BD préférée de mon enfance, Paperinik/PK (c’est-à-dire Fantomiald/PowerDucK en français, et pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le super héros alter égo de Donald Duck, Paperino en italien) : « Le courage est la capacité de transformer la peur en force, en énergie. »

Il faut qu’on soit conscients de notre peur afin de la transformer en courage, de refuser de réagir en lâche. Sinon, l’instinct de survie, de nous protéger nous-mêmes, nous poussera à commettre des choses impensables en temps normal, ou tout simplement à faire semblant de ne rien voir… J’en suis coupable, mais je veux me tenir droit devant Dieu et les hommes. Avec l’aide de Jésus, je peux. Il me rappelle que l’opinion de Dieu est bien plus importante que celle des hommes.

En parlant de Dieu et Dunkerque, c’est réellement étrange ce qui s’est passé là-bas en Mai 1940. Hitler aurait pu massacrer les presque 400’000 hommes Alliés qu’il encerclait complètement. Mais il a arrêté ses troupes et ses panzers pour plusieurs raisons, en donnant ainsi le temps au Royaume-Uni de lancer son opération d’évacuation et revenir en force en ’44. Intervention divine ?

En prenant le métro de Londres, je pensais à cet héroïsme. Je me demande si ma génération serait capable de faire face à quelque chose comme la Seconde guerre mondiale avec la même détermination collective. On est si confortables, si divisés, si individualistes. La seule chose qui nous unit est peut-être l’intérêt pour la nouveauté et les réseaux sociaux (qui nous divisent autant qu’ils nous mettent en contact). On se croit courageux à dénoncer des gens et des maux sociétaires derrière nos écrans. Il nous faudrait quelque chose de plus à protéger que nos smartphones. Nos ancêtres ont construit des villes, avec des lignes de métro souterrain, des écoles, des hôpitaux et se sont battus pour défendre la patrie de la tyrannie. Ils comprenaient qu’ils contribuaient à la construction de quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes, qu’ils avaient des familles et une terre à protéger et à faire prospérer. Peut-être qu’on doit se rendre compte de nos bénédictions, de notre inaction, et faire quelque chose dans le monde physique plus que dans le virtuel. Je m’inclus dans cette évaluation. Seigneur, aide-nous à agir, alors que tu restreins le mal par ta grâce.

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