Batman VS Superman: l’aube du déchaînement d’une critique incohérente et l’utilité de la culture pour parler de Dieu

Ok, les critiques sont restées fermes sur leur évaluation. Batman VS Superman, c’est pourri. Cette critique me surprend et me fait peur pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je l’ai adoré. 2h30 de plaisir et d’émotions que je suis très content d’avoir vécues. Mais bon, chacun ses goûts. Deuxièmement, comme le fait remarquer Derek Rishmawy (théologien, donc bien sûr qu’il a qqch à dire!) c’est très, très étrange de voir que son appréciation de la critique sur Rottentomatoes.com soit à 28% quand un nanard comme Thor soit à 77%. Soit ce site ne vaut pas un sou, soit il y a une exaspération de la part des critiques par rapport aux films de super-héros qui vient d’éclater. Dommage pour eux, car pour les prochaines 5 années, je pense qu’on n’aura droit qu’à ça et de plus en plus, vu les contrats qui sont signés et les films en attente.

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Batman avec l’armure, la grosse cerise sur ce gâteau visuel

Une autre possibilité: les attentes étaient tellement hautes et tellement différentes que beaucoup de fans et critiques ont été déçus. C’est ce que je pense.

Mais ça me fait peur parce que pour une fois qu’un réalisateur fait quelque chose de légèrement différent, on a un backlash violent, et cela me désolerait que Zack Snyder ne puisse pas continuer sa vision artistique du monde DC. C’est un artiste visuel unique, le seul qui aurait pu faire ce qu’il a fait dans ce film. Il faut bien que ces films puissent évoluer, parce que du côté MARVEL, ça commence à être toujours la même sauce (hem, hem, Ant-Man, 80% d’appréciation sur rottentomatoes, ce qui dit vraiment quelque chose du site plutôt que du film).

Tout ça, c’est pas trop important. Ce qui nous intéresse avec ce film, c’est de voir que, comme dans la série Daredevil, peut-être qu’Hollywood a moins peur de parler de Dieu qu’avant. Ça me réjouit comme pas possible, c’est peut-être un vrai changement auquel on assiste dans la culture cinéma! Et ça, c’est une raison pour les gens qui en ont le temps de continuer à regarder intelligemment les films qui sortent (sans trop abuser non plus, y’a d’autres choses à faire quand même!), car ça nous donne des entrées en matière avec les non-croyants autour d’une verre à la sortie du cinéma. Avec le succès des films de super-héros en plus, on voit d’autant plus l’incohérence d’un monde qui cherche à rejeter le surnaturel, mais qui, de par son engagement à une vision du monde matérialiste, continue à produire des films qui contredisent cette vision! Autrement dit, ils veulent transmettre un message athée mais ils se font tellement d’argent avec cette mythologie messianique qui résonne avec les passions des gens qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de continuer à les produire!

Dans le film, le méchant, Lex Luthor (joué d’après moi de façon très intéressante par Jesse Eisenberg, au contraire de ce qu’ont dit certains critiques) pose un argument philosophique contre Dieu de la Bible de façon ultra-claire. C’est rare d’avoir une perche si tendue et tellement large que c’est carrément une planche sur laquelle on peut se promener! Merci Hollywood! Je n’ai pas encore pu l’utiliser mais j’en parle ici, si quelqu’un se trouve à en parler.

Je suis en fait Steve Jobs, ils m'ont congelé mais je suis de retour pour dominer le monde.
Je suis en fait Steve Jobs, ils m’ont congelé mais je suis de retour pour dominer le monde.

Lex Luthor dit: “J’ai compris très vite, enfant, que Dieu ne pouvait pas être à la fois bon et tout-puissant. Soit il est bon mais incapable d’arrêter le mal, soit il est tout-puissant, mais il est mauvais.” C’est fou! Il donne l’argument, un des plus communs, de façon si claire, comme sorti d’un manuel. Et quiconque a lu un peu d’apologétique sait que c’est une question que les théologiens discutent depuis la nuit des temps, en proposant plusieurs réponses à cet argument. C’est pourquoi c’est bien de s’intéresser un peu à l’apologétique!

Tout d’abord, si des créatures douées de volonté et de force désobéissent à Dieu, ce n’est pas sa faute, de la même manière qu’un bon père qui élève son enfant dans le respect, la discipline et l’amour mais que malgré cela, l’enfant est obstinément contre la volonté de son père – le père n’est pas coupable des maux causés par celui-ci. L’homme est donc responsable du mal qu’il cause.

Nous croyons que la bonté de Dieu se traduit de deux façons importantes: l’amour et la justice. Dieu est amour, l’amour est une partie de qui il est, mais Dieu est justice, cela fait également partie de qui il est, et ces choses qui sont des parties à nos yeux sont en réalité indissociables. Dieu ne peut être Dieu s’il n’est pas amour et s’il n’est pas justice. Et la justice veut qu’on puisse distinguer entre le mal et le bien. Si chaque acte qui était commis n’avait pas de conséquence, comment pourrions juger de ceux-cis? Dieu est également amour: il vient guérir les maux causés, il vient toucher les affligés, il met la compassion dans nos coeurs.

Un autre argument fort qu’on peut invoquer dans cette discussion est celui de la moralité, que j’ai déjà présenté dans l’article sur Daredevil: pourquoi, Lex, tu parles avec ces catégories, “le bien” et “le mal”, si Dieu n’existe pas? S’il n’existe pas, il n’y a pas de moralité plus élevée que celle des hommes, donc la moralité se limite à ce qui me plaît, mais elle ne peut être universelle. Si tu ne crois pas en Dieu, comment peux-tu parler de bien et de mal absolu? Tu t’indigne contre celui qui te fournit cette vision du monde fondamentale! (Et dans ce cas, Lex suit la logique jusqu’au bout plus ou moins, il rejette ces notions, pour le but plus utilitaire de ce qui est bon, c’est ce que lui veut.)

Jésus VS la Mort: l'aube de la nouvelle création
Jésus VS la Mort: l’aube de la nouvelle création

 

Mais l’argument le plus fort est toujours celui de la croix. Jésus souffre et meurt à la croix et ses disciples se demandent “comment est-ce possible?” Mais Jésus ressuscite le troisième jour. Il est mort pour nos péchés, réunissant parfaitement aux yeux des hommes la justice parfaite et l’amour parfait de Dieu. Tout à coup leurs doutes et questionnements trouvent une réponse. Notre existence n’est qu’une goutte d’eau dans l’éternité. Qui sommes-nous pour dire: “il n’y a aucun sens à cette souffrance”? La croix nous montre que Dieu est très bien capable d’être amour, d’être justice et d’être tout-puissant, et d’avoir en même temps que cela une raison très très TRÈS bonne de permettre la souffrance dans le monde, puis de la guérir au bon moment, et de juger les malfaiteurs au jugement dernier. Et ça, c’est effectivement ce que croient les chrétiens… Donc l’argument ne fait qu’inviter la présentation de cet évangile, qui répond aux intuitions internes des gens de ce monde qui, bien qu’ils n’ont pas la foi en ce Dieu vivant, ressentent nécessairement le besoin de son existence, car ils en portent l’image, même si elle est fade.

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